Critique – J’entends des voix sourdes sourdre autour de moi

octobre 20th, 2010 Aucun Commentaire »

J’ENTENDS DES VOIX SOURDES AUTOUR DE MOI

La Compagnie Pardès Rimonim présente Des Voix sourdes de Bernard-Marie Koltès, pièce de jeunesse mise en scène pour la première fois en France sur la scène du Théâtre Le Colombier à Bagnolet jusqu’au samedi 23 octobre : l’occasion de découvrir cette pièce peu connue, une jeune compagnie messine talentueuse et un lieu de création indépendant.

Cela n’a pas pu vous échapper : 2009 fut l’année Koltès. L’anniversaire d’une mort surgie trop tôt, à laquelle Metz, la ville natale de l’écrivain, a rendu hommage en présentant une « Intégrale Koltès », confiant à différents metteurs en scène le soin de faire redécouvrir des pièces devenues des « classiques modernes » (Roberto Zucco, Dans la Solitudes des champs de coton, Sallinger…), mais aussi de faire découvrir des pièces de jeunesse : tel fut le pari de Bertrand Sinapi, metteur en scène de la compagnie Pardès Rimonim (http://p.rimonim.free.fr/), chargé d’adapter pour la scène, la pièce radiophonique Des Voix sourdes, écrite en 1973 et parue aux Editions de Minuit en 2008.

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Essai – « Tant qu’on croit qu’on peut dire quelque chose »

mai 5th, 2009 Aucun Commentaire »

Article dans le Journal de résidence de la Compagnie Pardes Rimonim, théâtre du Saulcy, Metz.

Numéro 0/0 sur l’Engagement.

“TANT QU’ON CROIT QU’ON PEUT DIRE QUELQUE CHOSE…  Où en est l’engagement aujourd’hui ? On s’engage dans l’armée, on s’engage à rembourser un crédit sur 30 ans, on s’engage à être fidèle, à dire la vérité, rien que la vérité. On se place sous le joug d’une cause, d’un parti, d’une famille. Réside dans cette liberté sous condition l’espoir de s’épanouir, de passer un cap, de vivre le Progrès, de faire partie des gagnants.

Avril 2009. Pékin s’engage sur les Droits de l’Homme, Sarkozy s’engage à sauver le site Caterpillar de Grenoble, la Sécu s’engage contre la malbouffe, l’Union européenne s’engage à reculons à l’Est du Tchad, Obama s’engage à sauver l’industrie automobile US… L’engagement a deux visages : sous couvert de se mobiliser pour une bonne cause, c’est avec cynisme que le combat est souvent perdu d’avance. Pourquoi l’engagement est-il devenu cette botte secrète, que l’on sort quand la cause est perdue ? Cet effet d’esbroufe médiatique pour calmer la grogne de centaines de milliers de licenciés ? Pourquoi l’engagement est-il devenu une croisade contre des moulins à vent, la crise, les géants de l’industrie ? Pourquoi l’engagement, tel qu’il est montré dans les médias aujourd’hui, est-il une supercherie instrumentalisée par le pouvoir, opium du peuple, un bon coup de peinture sur un mur qui s’effrite, une pilule de bonne conscience qu’avalent des individus cyniques ?

Il me revient l’image (nauséeuse) de ces femmes quinquagénaires en manteau de vison et diamant Chaumet, servir la soupe aux SDF pour les Restos du cœur, place de la République, un soir d’hiver. L’engagement comme meilleur remède à la culpabilité. POUR VOUS PROTEGER DE VOS FUTURS PECHES, VOUS ME DIREZ TROIS AVE ET SERVIREZ LA SOUPE AUX PAUVRES. (…) (FGM)

La compagnie Pardès Rimonim