La mise en scène de l’état de grâce dans le théâtre de Valère Novarina

revue litterature novarinaVient de paraître ! Flore Garcin-Marrou, « La mise en scène de l’état de grâce dans le théâtre de Valère Novarina », in Valère Novarina : une poétique théologique ?, revue Littératures, n° 176, (4/2014), p. 67 à 76.

N’y a-t-il pas un paradoxe à associer l’état de grâce et l’idée d’une mise en scène ? L’état de grâce n’arrive sans aucune sollicitation de celui qui la reçoit. Néanmoins, l’acteur sur scène peut s’y disposer. Grand lecteur des mystiques, Valère Novarina propose une dramatisation de l’état de grâce singulière, questionnant à la fois la théologie, l’événement théâtral et le jeu de l’acteur.

 

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Extrait : « L’état de grâce chez Novarina relève d’une expérience empirique qui présenterait toutes les caractéristiques d’un matérialisme : la grâce est alors un accident qui fait surgir quelque chose du chaos de la matière… Si Dostoïevski inverse le mouvement d’élévation pour plonger ses personnages dans le nihilisme, Novarina les plonge dans la matière et la vie, dans le matérialisme et le vitalisme, où le mouvement qui, par tradition est une aspiration vers le haut, se révèle ancré dans le sol de la scène, comme au cirque où les trapézistes qui bravent les lois de l’attraction apprennent d’abord à prendre les bons appuis au sol. Comme Madame Guyon, il ne s’agit pas de s’extraire du monde, mais de s’y enfoncer toujours plus profondément « dans des abîmes plus profonds [1] ». »

[1] Madame Guyon, Correspondance secrète avec Fénelon, cité par Jean-Noël Vuarnet, Le Dieu des femmes, Paris, L’Herne, coll. « Méandres », 1989, p. 90.

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