Traduire le Philèbe aujourd’hui

Samedi 11 février, je participe à une journée d’étude sur le Philèbe : une séance de traduction et de discussion, pour un projet cinématographique avec Florian Gaité (doctorant en philosophie, SOPHIAPOL, Paris Nanterre) et Dominique Furgé (cinéaste contemporain). Un projet dans « l’air du temps », après la publication du remake de La République par Alain Badiou…
10h-18h – Paris 10 – Galerie J. Poggi

Dans le cadre d’un projet cinématographique, RVB, douceur mêlée d’amertume, qui revisite le Philèbe, Dominique Furgé (cinéaste) et Florian Gaité (doctorant en philosophie) organisent une journée d’études autour de l’oeuvre de Platon et de sa traduction contemporaine. L’objet de cette réunion est d’en moderniser le propos, de l’adapter aux conditions du dialogue cinématographique, de le rendre en somme plus « audible » pour un spectateur non averti.

Compris comme une partie d’une trilogie abstraite commencée en 2005, le film met en scène le premier livre du Philèbe de Platon. Sous-titré « Du plaisir ; genre éthique », ce dialogue – l’avant-dernier écrit par le philosophe – oppose Socrate, pour qui la vie bonne doit être trouvée dans la réflexion, la raison et la science, à Philèbe, qui laisse le soin à Protarque d’argumenter en faveur d’une position hédoniste. Dominique Furgé a confié les rôles de Socrate et Philèbe respectivement à Nicolas Bouchaud et Alexandre Martin-Varroy et a pris le parti de confier le rôle masculin de Protarque à une femme, Christèle Tual. Chacun des comédiens incarnera une couleur primaire, revêtus de costumes réalisés par Jean-Daniel Vuillermoz. Filmé sur un fond noir, en déréglant le focus de la caméra qui filmera la mise en scène, le film ne sera plus, in fine, qu’un dialogue entre des formes abstraites anthropomorphes, en suspension, se croisant, s’irisant, se mélangeant, et se répondant au rythme d’une chorégraphie réalisée avec le concours de Daniel Larrieu. Profondément dialectique dans sa forme et son fond, RVB, douceur mêlée d’amertume situe l’oeuvre platonicienne à la frontière de l’oralité et de la corporalité, de l’abstraction et de la réalité, du féminin et du masculin, du rétinien et du conceptuel.

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