Conférence : Le design et la pensée écologique

Les perturbations écologiques de l’environnement ne sont que la partie visible d’un mal plus profond, relatif aux manières de vivre en société.

A travers une lecture des Trois écologies de Félix Guattari, on démontrera en quoi le design participe de l’« écosophie », concept qui pense conjointement l’écologie environnementale (la protection de la nature et des espèces), l’écologie sociale (dont le projet est une refonte de notre société afin de la rendre plus démocratique, égalitaire et éthique) et l’écologie mentale (qui vise une amélioration des attitudes de chacun envers autrui).

 

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« La planète Terre connaît une période d’intenses transformations technico-scientifiques en contrepartie desquelles se trouvent engendrés des phénomènes de déséquilibres écologiques menaçant, à terme, s’il n’y est porté remède, l’implantation de la vie sur sa surface. Parallèlement à ces bouleversements, les modes de vie humains, individuels et collectifs, évoluent dans le sens d’une progressive détérioration. Les réseaux de parenté tendent à être réduits au minimum, la  vie domestique est gangrénée par la consommation mass-médiatique, la vie conjugale et familiale se trouve fréquemment « ossifiée » par une sorte de standardisation des comportements, les relations de voisinage sont généralement réduites à leur plus pauvre expression… C’est le rapport de la subjectivité avec son extériorité – qu’elle soit sociale, animale, végétale, cosmique – (…) » Félix Guattari, extrait des Trois écologies.

Voilà le point de départ de la réflexion de Guattari : les mutations scientifiques et techniques créent des déséquilibres écologiques – c’était le cas en 1989 lorsque le livre a été écrit, cela reste le cas aujourd’hui : dans 224 jours aura lieu à Paris la conférence sur le climat, Conférence des Nations Unies sur le Climat ou COP 21.  L’objectif de cette conférence est de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C. Mais il s’agit d’être tout aussi attentif à la suite du texte de Félix Guattari : « Parallèlement à ces bouleversements, les modes de vie humains, individuels et collectifs » se dégradent. Le philosophe donne alors quelques exemples :

  • au niveau familial, les familles monoparentales sont toujours plus nombreuses, isolant surtout des femmes qui ont de plus en plus de mal à boucler les fins de mois et élever leurs enfants.
  • Il y a aussi une crise culturelle : la profusion des images que nous consommons via la télévision, la publicité, touche nos imaginaires et influence nos manières de voir le monde : un monde qui tourne toujours davantage autour des valeurs de l’ « avoir » plutôt que des valeurs de l’ « être », vers la possession plutôt que le vivre-ensemble.
  • Le 3e exemple donné porte sur les relations de voisinage – métaphore du tissu social – qui sont devenues inexistantes dans les grandes villes : on peut vivre des années aujourd’hui dans un appartement sans avoir rencontré une seule fois son voisin.

Ainsi, ce qui est démontré par Guattari, c’est que l’écologie n’est pas seulement une affaire de réchauffement climatique, mais une réflexion philosophique et pratique sur nos environnements de vie, sur nos milieux d’existence… (…)

Strate Ecole de design, Sèvres. Grand amphi de l’école.

Copyright photo – Philippe Quesne, Big Bang/ Martin Argyroglo.

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