Article dans le Journal de résidence de la Compagnie Pardes Rimonim, théâtre du Saulcy, Metz.
Numéro 0/0 sur l’Engagement.

“TANT QU’ON CROIT QU’ON PEUT DIRE QUELQUE CHOSE… Où en est l’engagement aujourd’hui ? On s’engage dans l’armée, on s’engage à rembourser un crédit sur 30 ans, on s’engage à être fidèle, à dire la vérité, rien que la vérité. On se place sous le joug d’une cause, d’un parti, d’une famille. Réside dans cette liberté sous condition l’espoir de s’épanouir, de passer un cap, de vivre le Progrès, de faire partie des gagnants.
Avril 2009. Pékin s’engage sur les Droits de l’Homme, Sarkozy s’engage à sauver le site Caterpillar de Grenoble, la Sécu s’engage contre la malbouffe, l’Union européenne s’engage à reculons à l’Est du Tchad, Obama s’engage à sauver l’industrie automobile US… L’engagement a deux visages : sous couvert de se mobiliser pour une bonne cause, c’est avec cynisme que le combat est souvent perdu d’avance. Pourquoi l’engagement est-il devenu cette botte secrète, que l’on sort quand la cause est perdue ? Cet effet d’esbroufe médiatique pour calmer la grogne de centaines de milliers de licenciés ? Pourquoi l’engagement est-il devenu une croisade contre des moulins à vent, la crise, les géants de l’industrie ? Pourquoi l’engagement, tel qu’il est montré dans les médias aujourd’hui, est-il une supercherie instrumentalisée par le pouvoir, opium du peuple, un bon coup de peinture sur un mur qui s’effrite, une pilule de bonne conscience qu’avalent des individus cyniques ?
Il me revient l’image (nauséeuse) de ces femmes quinquagénaires en manteau de vison et diamant Chaumet, servir la soupe aux SDF pour les Restos du cœur, place de la République, un soir d’hiver. L’engagement comme meilleur remède à la culpabilité. POUR VOUS PROTEGER DE VOS FUTURS PECHES, VOUS ME DIREZ TROIS AVE ET SERVIREZ LA SOUPE AUX PAUVRES. (…) (FGM)
La compagnie Pardès Rimonim